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Les imparfaites

J’emballais mes bombes de bain ce matin, en commençant ma batch monumentale par les boules imparfaites ou des demi-boules, que je garde précieusement pour ma belle grande progéniture de 8 ans (exposant 2), dans un panier, sur le bord du bain. Une fois la routine « lavage-du-bodé-et-des-cheveux-en-répétant-de-le-faire-au-moins-42 000-fois », elle a enfin sa précieuse demi-boule. Elle l’analyse, sent, savoure des yeux et effrite dans l’eau du bout de ses doigts fins et curieux son trésor éphémère, avec un plaisir contagieux. Faut le dire, ma belle Lolo est ma testeuse attitrée et fan numéro 1 de bombes de bain!

 

Je me suis mise à penser à la demi-boule. Je me suis trouvé cheap de faire un panier d’imparfaites, alors que je pourrais bien lui faire des grosses formes impeccables! J’me suis vraiment dit sur le coup : « Tsé la mère, quand tu pars une batch pour tes clientes, tu peux ben te brasser le popotin un peu plus pour lui faire sa batch à elle, un peu plus cute! ».

 

Faqueeee, perdue dans mes pensées, manquant presque de m’brûler au gun chauffant, j’ai décidé d’abandonner mes amies rondouillettes et pétillantes un instant, pour écrire. Je revoyais ma Lolo, dans le bain, avec sa demi-boule, gazouillant de joie! Pis je me suis demandé ce que ça pouvait bien faire, que je passe mon fond d’bol pour lui faire des demi-boule (avec autant d’amour anyway sinon pluche qu’une bombe de bain de magasin)?

 

Lolo ne m’a jamais demandé pourquoi elle avait des moitiés de bombes. Des fois, elle en a des imparfaites : bossées, des ratatinées, des trop motonneuses. Pis des fois, elle a une batch de trop-pailletées, aux couleurs bizarres ou aux odeurs surprenantes, elle en raffole!  Elle voit les imperfections, il arrive qu’elle porte un jugement qui s’efface dès qu’elle scrounche sa demi-bombe de bain dans l’eau chaude, qu’elle a attendue avec impatience tout le long de son interminaaaaaaable routine de lavage de bodé. 

 

Très tôt dans notre vie, on cherche la perfection dans tout et on juge les imperfections. On veut des dents droites et blanches, une peau lisse sans rides, des cheveux teints impeccablement, des babines immenses qui finiront par pogner dans le vent un moment donné, un poids à rendre jalouse sa belle soeur, des vêtements chics et hors de prix qui coûtent 5 piassssses à faire… On regarde pu juste le gazon vert du voisin en le jalousant, on se promène sur son terrain à quatre pattes en bouffant ses trèfles pour espérer goûter un peu de son bonheur qui semble plus important et trippant que l’tien.

 

Une demi-bombe de bain, c’est pas la moitié de quelque chose de parfait et une p’tit boule ratatinée, c’est pas le mal incarné. C’est une beauté différente, imparfaite, qu’on pourrait aimer si on s’enlevait cette foutue pression sociale qui touche autant notre bodé que nos objets, nos comportements et notre nourriture!

 

J’ai pleuré tellement longtemps pendant mon adolescence, en me regardant dans un mirroir. J’accordais une importance si grande à la beauté, qu’au secondaire, je faisais des crises de panique et me cachais derrière chez moi pour sécher les cours plutôt qu’affronter les commentaires méprisants mon apparence, des ados ben cutes en dehors mais pas si cutes en’dans!

 

Je me suis encore reparlé, probablement à voix haute, (une chance que j’ai des animaux de compagnie, j’ai l’air moins folle). On a le don, d’exiger plus et de s’en mettre sur les épaules, dès l’apparition de nos premiers boutons d’acné. On veut lier le bonheur à la perfection. On aimerait enseigner à nos enfants le véritable sens du mot beauté, la fameuse phrase : « la beauté est dans les yeux de celui qui la regarde », mais on doit se « déprogrammer » aussi.

 

On doit changer nos mots, nos pensées, nos habitudes et représenter la beauté par des émotions, par des souvenirs doux et lumineux, par des imperfections qui font d’un objet ou d’une personne, quelque chose ou quelqu’un d’unique. Il faut carrément scrapper les standards, arrêter de se rabaisser parce qu’on est différent.

 

Je sais pas pour toi, mais j’ai encore bien du chemin à faire dans mon coco, puis surtout, beaucoup de sensibilisation et de renforcement positif à prodiguer à ma fille, qui a juste 8 ans. Parce que même si elle aime ses demi-bombes-imparfaites, elle me demande constamment si elle est belle.

 

Et sérieusement, elle est tellement lumineuse, tellement plus grande et impressionnante de le mot PARFAITE.
 
 

1 commentaire

  • Wow j’ai lue l’intégrité de ton texte …Il est tellement vrai !
    Je suis comme tes demi-bombes…
    Je suis parfaite dans mon imparfait 💯🥰
    Merci pour tes beaux mots Marilyn❤

    Line bondu

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